Rejets de CO2, Diesel Gate, pollution sonore et visuelle... Le secteur automobile est sous le feu des critiques depuis plusieurs années et la confiance semble même rompue avec les nouvelles générations. Et au-delà de la pollution, c’est bien le concept de véhicule personnel qui est remis en cause : certaines villes voulant clairement limiter la place de ces voitures privées et favoriser les mobilités partagées. Péages urbains, fermetures de voies & taxes diverses étant les moyens privilégiés par les pouvoirs publics.

 

Le véhicule personnel comme outil de distanciation sociale

Cependant, les premiers retours de Chine suite au déconfinement montrent que la problématique de distanciation sociale devient un enjeu pour des usagers pourtant habitués des transports publics.

Le CEO de Volkswagen China, Dr Stephan Wöllenstein, a par exemple noté que les clients achètent en ce moment des véhicules en partie pour éviter les transports publics (1).

Cette tendance est également confirmée par l’étude IPSOS du 12 mars 2020 réalisée en Chine (2) : 66% des sondés privilégient leur véhicule personnel contre 34% avant la crise. L’utilisation des bus/métros, taxi et VTC diminue notablement.   

Pour les personnes ne possédant pas de voiture, le véhicule privé semble l’alternative à des transports publics jugés à risques. 77% d’entre eux indiquent que disposer d’une voiture permet de diminuer les risques de contracter le COVID-19. Et les options relatives aux filtres d’habitacles et matériaux antibactériens sont plébiscitées. C’est d’ailleurs toute la chaine de valeur du secteur qui est appelée à s’aligner sur cet enjeu de distanciation : depuis la possibilité d’acheter en ligne jusqu’aux opérations d’après-vente réalisées chez le client avec procédures de désinfections.

C’est donc une promesse historique des constructeurs automobiles qui redevient facteur d’achat : la sécurité. Le véhicule est le cocon qui vous protège d’un monde extérieur dangereux.

 

Une opportunité pour le secteur automobile ?

Cette attente de sécurité de la part des clients pourrait être une opportunité de conquête clients. En effet, le déconfinement progressif se profile en Europe et aux Etats-Unis, mais les gestes barrières et la distanciation sociale vont perdurer encore plusieurs mois.

Les ventes véhicules neufs mais aussi d’occasion pourraient bénéficier de ce contexte. En effet, le VO permet à des clients moins aisés de bénéficier d’un véhicule personnel et il est souvent disponible plus rapidement. D’autant que les usines d’assemblage ont été stoppées en mars et avril et des délais pour certains modèles seront à prévoir.

Cette opportunité se confirmera-t-elle ? La pression des conducteurs contraindra-t-elle les pouvoirs publics à desserrer les freins à l’utilisation des véhicules privés ? L’avenir le dira mais si l’épidémie ne disparait pas dans un avenir proche, cela pourrait être logiquement le cas.

Cet engouement devra néanmoins se faire sans relâcher les efforts réalisés pour proposer des véhicules zéro émission. Pour que ces investissements soient rentabilisés, mais également car le respect de l’environnement restera un enjeu clé des années à venir lorsque l’épidémie sera loin.

 

(1)https://www.businessinsider.de/wirtschaft/wir-erleben-einen-sondernachfrage-effekt-der-china-chef-von-vw-verraet-warum-die-chinesen-schon-wieder-erstaunlich-viele-autos-kaufen/

(2) https://www.ipsos.com/en/impact-coronavirus-new-car-purchase-china

Guillaume KERBRAT
Guillaume KERBRAT
Directeur, TNP